Cahier des charges CRBO 2023 : les 6 sections obligatoires
Le cahier des charges du compte-rendu de bilan orthophonique imposé par l'avenant 20 de 2023 : 6 sections obligatoires, contenu attendu, pièges fréquents et exemples concrets pour orthophonistes libérales.
Le cahier des charges du compte-rendu de bilan orthophonique (CRBO) issu de l'avenant 20 — formalisé par l'arrêté du 25 juillet 2023 — est devenu, en quelques mois, le document de référence pour toute orthophoniste libérale. Plus qu'une grille de contenu : il fixe la structure opposable du bilan transmis au médecin prescripteur et, désormais sans filet DAP depuis l'avenant 21, le seul document qui justifie votre prise en charge en cas de contrôle a posteriori.
Ce guide reprend section par section ce que le cahier des charges attend vraiment — au-delà de la lecture juridique du texte —, les pièges fréquents qui fragilisent un dossier, et les variantes selon le stage du bilan (initial, renouvellement, fin de prise en charge).
#Pourquoi un cahier des charges en 2023
Avant l'avenant 20, le contenu du CRBO relevait largement de la pratique professionnelle et des modèles transmis en formation initiale. Cette souplesse avait deux conséquences problématiques :
- Hétérogénéité forte des bilans : un même tableau clinique pouvait donner lieu à un CRBO de 2 pages chez une orthophoniste, de 8 pages chez une autre, avec des sections, un vocabulaire et des conclusions très variables.
- Risque accru lors de contrôles : la CPAM, les médecins prescripteurs et les assureurs rencontraient des bilans peu lisibles, ce qui ralentissait les décisions de prise en charge et fragilisait la position de l'orthophoniste en cas de litige.
L'avenant 20 répond à ces deux points en imposant une structure commune et un niveau minimum d'information, tout en laissant à chaque orthophoniste la liberté éditoriale au sein de chaque section. Le résultat : un bilan qui se lit de la même façon par n'importe quel prescripteur en France, et qui constitue une preuve recevable en cas de contrôle.
#Les 6 sections obligatoires du CRBO
Le cahier des charges 2023 définit six sections que tout CRBO doit contenir, dans cet ordre :
- Anamnèse — motif de consultation, antécédents, contexte familial et scolaire/professionnel.
- Observations cliniques — comportement pendant le bilan, mode de communication.
- Évaluation par domaine — selon le motif (langage oral, langage écrit, voix, déglutition, cognition, bégaiement, fonctions oro-myo-faciales, logico-mathématiques).
- Tests normés réalisés — chaque test avec score brut, étalonnage et interprétation.
- Conclusion diagnostique — synthèse des troubles, sévérité, diagnostic orthophonique.
- Projet thérapeutique — objectifs prioritaires, modalités, durée estimée.
Aucune section ne peut être omise. Si une rubrique n'a pas été investiguée (par exemple un domaine non concerné par la prescription), il faut le mentionner explicitement plutôt que la supprimer du document. Une formulation comme "Le langage écrit n'a pas été évalué dans le cadre de ce bilan, qui se concentre sur la déglutition à la demande du prescripteur ORL." est attendue.
#Section par section : ce que la CPAM attend vraiment
#1. Anamnèse
La rubrique d'ouverture est souvent bâclée — elle est pourtant celle qui ancre le bilan et qui permet, des années plus tard, de comprendre comment le patient est arrivé en orthophonie. Le cahier des charges attend a minima :
- Motif de consultation reformulé par l'orthophoniste (pas une simple recopie de la prescription).
- Antécédents médicaux et développementaux : grossesse, accouchement, marche, premiers mots, antécédents ORL (otites séromuqueuses notamment), neuro, traumatiques.
- Contexte familial : composition de la fratrie, langues parlées à la maison, antécédents familiaux de troubles du langage.
- Contexte scolaire ou professionnel : niveau, parcours, difficultés signalées par l'enseignant ou l'employeur, aménagements en place.
- Prises en charge antérieures : orthophonie, ergothérapie, psychomotricité, suivi pédopsy ou neuro.
Pour un adulte ou un senior, la trame s'adapte (parcours professionnel, événement déclencheur type AVC, environnement social) mais la logique reste la même : on raconte comment ce patient en est arrivé là.
#2. Observations cliniques
Cette section doit être descriptive et factuelle, pas interprétative. Elle décrit :
- L'arrivée et la séparation (pour un enfant : facile, anxieuse, refus) ;
- Le comportement pendant les épreuves : attention, fatigabilité, persévération, recherche du regard ;
- Le mode de communication spontané : verbal, gestuel, mixte, alternative.
- Pour les troubles complexes : description des stratégies de compensation observées.
L'idée n'est pas de poser un diagnostic ici, mais de donner au lecteur (le prescripteur, la CPAM en cas de contrôle, vous-même dans un an pour un renouvellement) un instantané du patient au moment du bilan.
#3. Évaluation par domaine
C'est le cœur clinique du bilan. Selon le motif de prescription, on couvre un ou plusieurs des huit domaines :
- Langage oral : phonologie, lexique en réception et expression, morphosyntaxe, pragmatique, fluence et prosodie.
- Langage écrit : lecture (décodage, vitesse, compréhension), orthographe lexicale et grammaticale, production écrite.
- Logico-mathématiques : dénombrement, numération, calcul, résolution de problèmes.
- Voix : qualité vocale, praxies phonatoires, respiration, retentissement social.
- Déglutition : phases orale et pharyngée, oralité alimentaire, fausses routes.
- Fonctions oro-myo-faciales : praxies bucco-faciales, ventilation, posture linguale, tonicité.
- Bégaiement : disfluences, tensions, retentissement émotionnel et social.
- Cognition : aphasie, troubles neuro-cognitifs, mémoire, fonctions exécutives.
Pour chaque domaine investigué, le cahier des charges attend un équilibre entre observations qualitatives (ce qu'on voit en clinique) et données chiffrées (résultats des tests). Une évaluation purement narrative sans test normé est admise quand la situation l'impose, mais elle doit alors être justifiée.
#4. Tests normés réalisés
Quand un test normé est passé, le cahier des charges exige trois éléments par test :
- Score brut obtenu par le patient ;
- Étalonnage de référence : selon le test, on indiquera la moyenne et l'écart-type, le percentile, ou le seuil pathologique ;
- Interprétation clinique : norme / fragile / déficit modéré / déficit sévère, avec contextualisation par rapport au tableau global.
La présentation en tableau est fortement recommandée pour la lisibilité — c'est d'ailleurs ce que vous retrouvez dans les modèles d'éditeurs métier et dans la plupart des bilans publiés en exemple par les écoles de formation.
#5. Conclusion diagnostique
La conclusion synthétise les troubles identifiés sans paraphraser les sections d'évaluation. Elle doit comporter :
- Une synthèse hiérarchisée des troubles (du plus sévère ou central vers les plus périphériques) ;
- Une estimation de la sévérité : léger, modéré, sévère, très sévère ;
- Le diagnostic orthophonique posé, avec la classification utilisée si pertinente (CIM-11, ICDAS, etc.) ;
- Une mention du retentissement : scolaire, professionnel, social, émotionnel.
C'est la section que le médecin prescripteur lit en premier et la seule qu'il relira plusieurs fois. Elle doit se suffire à elle-même tout en renvoyant logiquement aux sections d'évaluation.
#6. Projet thérapeutique
Dernière section obligatoire et — depuis la suppression de la DAP — la plus scrutée en cas de contrôle. Elle décrit :
- Les objectifs prioritaires de la prise en charge ;
- Les modalités : individuel ou groupal, durée des séances, fréquence hebdomadaire ;
- La durée estimée de la prise en charge ;
- Les modalités de réévaluation prévues ;
- Le cas échéant, les recommandations pour l'entourage, l'école ou les autres professionnels.
Pour un bilan de renouvellement, le projet thérapeutique inclut une comparaison explicite avec le bilan précédent (objectifs atteints, partiellement atteints, non atteints, nouveaux objectifs) et une justification clinique de la poursuite. C'est ce paragraphe qui remplace, depuis l'avenant 21, le rôle de validation que jouait la DAP.
Une structure de bilan conforme, sans avoir à y penser
Orthonie génère vos CRBO à partir de votre dictée, en imposant la structure du cahier des charges 2023 sans que vous ayez à la mémoriser. Anamnèse, observations, évaluation, tests, conclusion, projet thérapeutique : aucune section n'est jamais oubliée.
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#Les pièges fréquents qui fragilisent un bilan
Au-delà du respect formel des sections, plusieurs erreurs récurrentes affaiblissent un CRBO en cas de contrôle ou de relecture par le prescripteur :
- Anamnèse trop succincte — "Patient adressé pour bilan de langage" ne suffit pas. Sans contexte, la conclusion paraît tomber du ciel.
- Mélange descriptif/interprétatif dans les observations — "l'enfant est anxieux et présente certainement un trouble de l'attachement". La section observations décrit, elle ne diagnostique pas.
- Tests sans étalonnage — voir la callout ci-dessus. Toujours fournir le référentiel.
- Conclusion sans diagnostic — terminer par "des difficultés en lecture sont notées" au lieu de "dyslexie modérée à dominante phonologique selon les critères CIM-11" affaiblit le bilan.
- Projet thérapeutique vague — "30 séances de prise en charge" sans objectifs ni modalités ne tient pas la route post-DAP.
- Absence de comparaison en renouvellement — un bilan de renouvellement qui ne référence pas le bilan initial est, en pratique, un bilan initial bis. La justification de la poursuite est alors implicite et donc fragile.
Aucune de ces erreurs n'invalide automatiquement le bilan, mais leur cumul rend le dossier difficile à défendre.
#Bilan initial, de renouvellement, de fin de PEC : ce qui change
Le cahier des charges 2023 s'applique à tous les bilans, mais la pondération des sections varie selon le stage :
- Bilan initial : on insiste sur l'anamnèse complète, l'évaluation exhaustive du domaine, la conclusion diagnostique. Le projet thérapeutique pose les bases.
- Bilan de renouvellement : l'anamnèse est allégée (on renvoie au bilan initial pour le contexte), l'évaluation se focalise sur les domaines suivis, la comparaison avec le bilan initial devient centrale, le projet thérapeutique se transforme en justification de poursuite avec objectifs résiduels. C'est la pièce maîtresse depuis la suppression de la DAP.
- Bilan de suivi (intermédiaire) : factuel, sur l'évolution observée. Plus court que les deux précédents.
- Compte-rendu de séance : très bref, factuel, sur ce qui s'est passé pendant la séance et les axes pour la suivante.
- Bilan de fin de prise en charge : synthèse du parcours global, atteinte des objectifs, recommandations post-PEC (relais éventuel, surveillance, contre-indications de reprise).
Le vocabulaire et le niveau de profondeur s'adaptent, mais les six sections obligatoires restent — même si certaines sont très réduites pour un compte-rendu de séance.
#Comment Orthonie aide à respecter le cahier des charges
Orthonie a été pensé dès le départ autour du cahier des charges 2023 : ce n'est pas un correcteur orthographique greffé sur Word, c'est un assistant qui impose la structure sans vous laisser la chance de l'oublier. Concrètement :
- Trames pré-câblées pour les 8 domaines × 5 stages (40 combinaisons), chacune avec les sections du cahier des charges déjà nommées et ordonnées.
- Génération IA structurée : à partir de votre dictée, l'éditeur produit un bilan complet où aucune des six sections obligatoires ne peut être omise — le moteur refuse de générer un document tronqué.
- Tableau des scores normés automatiquement formaté avec colonnes Score / Étalonnage / Interprétation et colorisation par sévérité (norme / fragile / déficit modéré / déficit sévère) pour la lisibilité du prescripteur.
- Comparaison automatique dans les bilans de renouvellement : la trame importe les axes du bilan initial et invite à les positionner (atteint / partiellement / non atteint), pour produire la justification de poursuite attendue post-DAP.
- Mises à jour de conformité suivies au fil des notes d'application de la CPAM et de la FNO : quand un point se précise, les trames et les prompts évoluent sans intervention de votre part.
L'objectif n'est pas de remplacer votre expertise clinique — c'est elle qui pose le diagnostic et trace le projet thérapeutique. L'objectif est de garantir que la forme ne trahisse jamais le fond : une structure conforme, lisible, et prête à être défendue le jour où un dossier devra l'être.
#Pour aller plus loin
- L'avenant 21 et la suppression de la DAP — le contexte qui rend le cahier des charges encore plus critique en 2026.
- Texte officiel : arrêté du 25 juillet 2023 portant approbation de l'avenant 20 à la convention nationale des orthophonistes, publié au Journal officiel.
- Notes d'application de la FNO (Fédération Nationale des Orthophonistes) et de l'Assurance Maladie, mises à jour régulièrement sur ameli.fr.
- Votre URPS orthophonistes régionale, qui diffuse les fiches pratiques territoriales et organise les sessions d'information.
Le cahier des charges 2023 n'est pas un carcan : c'est un cadre qui protège la profession en uniformisant les attentes. Une fois que la structure est intégrée — par habitude, par trame, par outil — le bilan se rédige plus vite et défend mieux votre prise en charge. Le temps que vous gagnerez sur la forme est du temps que vous pourrez consacrer à la clinique, là où votre valeur ajoutée est vraiment.
Questions fréquentes
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Orthonie génère un compte-rendu structuré, conforme à la nomenclature 2026, à partir de votre dictée.
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